HYLIGHT lève 13 millions d’euros : le dirigeable au service de la maintenance industrielle

HyLight annonce une levée de 13 millions d’euros pour industrialiser sa flotte de dirigeables autonomes et renforcer l’analyse des données collectées. Fondée en 2022 par Martin Bocken, Josef Rokusek et Thomas Laporte, et basée à Brétigny-sur-Orge, la startup vise désormais à opérer quinze appareils simultanément en 2027.

HYLIGHT lève 13 millions d’euros : le dirigeable au service de la maintenance industrielle

    Inspecter les réseaux depuis les airs

    La surveillance des infrastructures consiste à repérer des anomalies localisées, comme un isolateur endommagé, une végétation trop proche des conducteurs ou une fuite de méthane, sur des réseaux qui s’étendent sur des milliers de kilomètres. Les gestionnaires doivent concilier la distance à couvrir, la finesse des observations et la fréquence des inspections. C’est sur ce compromis que HyLight a construit son offre.

    Le HyLighter, long de douze mètres, associe selon l’entreprise la portance d’un dirigeable à une propulsion électrique alimentée par une pile à hydrogène. Teréga précise que les appareils utilisés dans son expérimentation sont gonflés à l’hélium. HyLight annonce jusqu’à dix heures de vol, une distance cible de 350 kilomètres et une capacité d’emport de dix kilogrammes de capteurs : caméras, LiDAR et détecteurs de méthane.

    Le LiDAR, qui mesure les distances par laser, permet de reconstruire la géométrie des équipements et d’évaluer la proximité de la végétation, tandis que les capteurs de gaz recherchent les émissions de méthane. L’entreprise revendique des images d’une résolution de 1 mm par pixel à 25 mètres d’altitude. Cette résolution décrit la finesse de l’image et ne suffit pas, à elle seule, à garantir une précision équivalente de mesure ou de géolocalisation.

    Des missions chez de grands gestionnaires de réseaux

    HyLight revendique plus de 750 heures de vol et des milliers de kilomètres inspectés en France et en Europe. Elle cite parmi ses clients Enedis, NaTran, Teréga, SNCF Réseau et VINCI.

    « Nos HyLighters font déjà le même travail, avec davantage de précision et moins de risques », déclare Martin Bocken, cofondateur et CEO de HyLight, à propos des missions réalisées par hélicoptère.

    Dans son rapport d’activité 2024, NaTran décrit des essais sur 40 kilomètres de réseaux, avec un capteur de détection de fuites embarqué. En février 2026, Teréga présente une expérimentation sur un tronçon de 107 kilomètres, avec des survols bimestriels réalisés en complément des hélicoptères. Elle vise à évaluer la réponse aux exigences techniques, réglementaires et opérationnelles de la surveillance des canalisations.

    Une montée en cadence qui mobilise l’organisation

    HyLight annonce un site de production désormais opérationnel et poursuit l’internalisation de composants stratégiques. Le passage de quatre appareils opérés simultanément aujourd’hui à quinze en 2027 suppose de fabriquer et maintenir les aéronefs, préparer les missions, déployer les équipes et absorber des volumes de données plus importants.

    Les cinquante recrutements annoncés concernent l’ingénierie, l’IA et la data, les opérations, les affaires réglementaires et le développement commercial. La levée de 13 millions d’euros doit financer l’industrialisation de la flotte, le renforcement de l’analyse automatisée, ces recrutements et l’expansion commerciale en Europe. Elle associe Rubio Impact Ventures, DRW et Teampact Ventures, avec la participation des investisseurs historiques Y Combinator et Ring Capital.

    Selon HyLight, son système peut identifier et géolocaliser automatiquement plus de cinquante types de défauts, ainsi que les risques liés à la végétation sur les réseaux électriques. Ces données restent déclaratives de la part de l’entreprise. L’Allemagne et les Pays-Bas figurent parmi les marchés prioritaires qu’elle annonce.