Paul Midy relance la bataille des 10 millions d’euros pour la French Tech
Une dotation en forte baisse
Selon le projet pour 2027, la dotation de la French Tech passerait de 11,5 millions d’euros en 2025 à 6,8 millions en 2026, puis à 1,8 million. Sur deux ans, la baisse atteindrait environ 84 %. Le dispositif repose sur plusieurs niveaux d’acteurs : la Mission coordonne des programmes et facilite les relations avec les administrations, tandis que les Capitales et les Communautés mobilisent des entrepreneurs dans les territoires et à l’international. Le programme Tremplin, lui, cherche à ouvrir l’entrepreneuriat innovant à des profils sous-représentés.
Le réseau rassemble des structures labellisées, dont les ressources et l’organisation diffèrent. Pour la labellisation 2026-2028, on compte 19 Capitales et 28 Communautés en France, ainsi que 78 Communautés à l’international.
Le panorama 2026 de la Mission French Tech recense 18 000 start-up et scale-up et 450 000 emplois directs. Il reste pourtant difficile d’évaluer le bilan de la French Tech, un sujet qui suscite des avis divergents.
Des pistes de financement privé
Face à une baisse budgétaire, le recours aux entreprises serait nécessaire et ne constituerait pas une rupture de modèle, selon la source. Lors d’une présentation publiée en 2023, French Tech Saint-Étienne Lyon indiquait tirer 40 % de son budget des cotisations et 60 % de subventions, associant l’État et les métropoles.
Une association pourrait élargir ses cotisations, conclure des partenariats pluriannuels avec des ETI et des grands groupes, ou faire financer des programmes de rencontres entre acheteurs et start-up, comme Business Connect en Nouvelle-Aquitaine. Mutualiser l’administration, les outils et certains programmes entre associations peut aussi limiter les coûts.
Le risque territorial est celui d’une compensation inégale. Les écosystèmes dotés d’un tissu dense de sièges sociaux disposent, en principe, d’un vivier de partenaires plus large que les territoires moins pourvus.
Amendements et procédure parlementaire
La proposition de Paul Midy consiste à ajouter 10 millions d’euros au projet, en transférant 10 millions du programme « Stratégies économiques » vers « Développement des entreprises et régulations ». Le scénario atteindrait ainsi 11,8 millions d’euros.
Le groupe Socialistes et apparentés propose, par un amendement de Laurent Lhardit, d’ajouter 5 millions d’euros. Pierre Pribetich défend le même montant, avec une proposition travaillée avec French Tech Bourgogne-Franche-Comté. Laurent Croizier, pour Les Démocrates, a également déposé un amendement à 5 millions, déclaré non soutenu le 28 octobre.
Un vote en commission ne vaut pas adoption en séance publique, ni inscription définitive dans le budget 2027. Pour une loi de finances, la première lecture à l’Assemblée porte sur le projet du Gouvernement et non sur le texte amendé par la commission. Le vote à l’Assemblée est prévu le 17 novembre, et le délai parlementaire de 70 jours expire le 17 décembre. D’ici là, les négociations entre chambres, une éventuelle commission mixte paritaire et les choix du Gouvernement peuvent modifier le montant.
Au Sénat, LR dispose de 124 sièges et les centristes de 63, après le renouvellement de septembre 2026. Un précédent existe : en décembre 2025, une hausse d’un million pour French Tech Tremplin a été rejetée. La rapporteure spéciale demandait une évaluation consolidée du dispositif, tandis que le Gouvernement invoquait sa refonte et l’intervention d’autres acteurs.
Une fois la loi adoptée, les crédits ouverts et les dépenses réalisées ne se confondent pas. La mise à disposition des fonds, les conventions avec les bénéficiaires et les éventuelles mesures de régulation budgétaire détermineront les moyens réellement utilisables en 2027. La portée de l’amendement se mesurera donc dans la continuité des actions financées, au-delà du montant affiché lors du vote.
