ELAX ENERGIE lève 30 millions d’euros pour chauffer l’eau au bon moment
Elax Énergie annonce une levée de 30 millions d’euros pour étendre sa solution de pilotage des chauffe-eau électriques, déjà installée dans près de 100 000 logements selon ses chiffres. L’entreprise associe deux approches : ajuster la chauffe aux besoins des habitants pour réduire leur consommation, et déclencher la chauffe lorsque l’électricité est plus abondante.
Un chauffe-eau peut travailler longtemps avant que l’on ait besoin de lui. Une fois chauffée, l’eau reste dans un réservoir isolé, disponible pour les usages suivants. La douche de 20 heures n’oblige donc pas à consommer de l’électricité à 20 heures.
Elax installe un thermostat connecté sur des ballons existants pour répondre à deux questions : quelle quantité de chaleur préparer pour les habitants, et à quel moment consommer l’électricité nécessaire. La première vise à réduire les dépenses du foyer, la seconde ouvre une activité économique à l’échelle du système électrique.
Éviter de chauffer plus que nécessaire
Les besoins d’eau chaude varient avec le nombre d’occupants, leurs horaires ou leurs absences, alors qu’un réglage fixe ne tient pas forcément compte de ces variations. Même isolé, un chauffe-eau perd peu à peu de la chaleur, et l’électricité sert aussi à compenser ces pertes. Ajuster le fonctionnement aux besoins peut donc réduire la consommation, à condition de préserver une réserve suffisante et de respecter les exigences sanitaires.
Selon la société, le boîtier s’installe en une vingtaine de minutes et communique par une connexion mobile, sans utiliser le Wi-Fi du logement. Après une phase d’observation des habitudes, il adapte la température et les cycles de chauffe. Elax revendique des économies de 20 à 25 % sur la consommation du chauffe-eau, un chiffre qui ne concerne que la production d’eau chaude et non l’ensemble de la facture électrique. Les gains dépendent notamment du réglage initial et des usages des occupants. Pour les calculer, l’entreprise compare la consommation mesurée à une estimation de ce qu’aurait consommé le ballon sans pilotage, selon une méthode développée avec Carbone 4.
Préparer l’eau quand l’électricité est abondante
Le principe existe déjà avec les heures creuses, grâce à un contacteur qui déclenche le ballon sur des plages prévues dans le contrat d’électricité. Elax cherche à rendre cette organisation plus adaptable. Dans un logement où l’eau chaude est surtout utilisée le soir, le ballon peut par exemple chauffer en début d’après-midi, pendant une période de production solaire abondante, puis conserver l’eau jusqu’à son utilisation. À l’inverse, lorsque la demande électrique est forte, un ballon disposant encore d’assez d’eau chaude peut attendre avant de redémarrer.
Le système électrique doit en permanence équilibrer production et consommation. Un seul chauffe-eau représente une marge de manœuvre réduite, mais des milliers d’appareils coordonnés peuvent former un ensemble suffisant pour participer aux marchés de l’électricité. C’est ce que le secteur appelle la « flexibilité », soit la capacité à modifier temporairement sa consommation. Elax valorise ainsi la flexibilité de nombreux logements selon les mécanismes de marché auxquels elle peut accéder.
Thomas Tirtiaux, dirigeant d’Elax, a expliqué lors d’une prise de parole publique que la rémunération de la flexibilité avait permis de supprimer l’abonnement auparavant facturé aux bailleurs pour le pilotage des chauffe-eau. Le matériel, la pose, la connexion et la maintenance restent toutefois coûteux, et le communiqué ne précise ni les revenus par appareil ni le coût complet d’un logement équipé.
Des bailleurs sociaux aux artisans
Elax a développé son activité auprès des bailleurs sociaux, qui peuvent organiser des programmes d’équipement à une échelle difficile à atteindre en démarchant les particuliers un par un. La RIVP a annoncé en 2025 un programme portant sur plus de 22 000 chauffe-eau. Dans son communiqué d’octobre 2026, Elax revendique près de 100 000 logements équipés, plus de 100 bailleurs partenaires et 58 collaborateurs.
Le marché n’est pas réservé à l’entreprise. Voltalis pilote plusieurs usages électriques, dont les ballons d’eau chaude, et Octopus Energy propose un pilotage des chauffe-eau via Linky, sans ajout de boîtier dans les logements éligibles. Elax veut de son côté toucher davantage de particuliers grâce à Elax Pro, un réseau d’artisans du bâtiment, plombiers, électriciens et chauffagistes, appelés à proposer et installer sa solution. Elle prévoit aussi d’étendre son activité aux chaufferies collectives, en ajoutant une production électrique à une installation fonctionnant au gaz.
Développée autour de Jean-François Eggericx, Thomas Tirtiaux et Samuel Beaussier, Elax Énergie annonce une levée de 30 millions d’euros auprès de Noria et du Fonds Révolution Environnementale et Solidaire, géré par Crédit Mutuel Impact. Le financement doit soutenir le déploiement dans le logement social, le lancement d’Elax Pro et l’électrification partielle des chaufferies collectives. L’entreprise prévoit également 30 recrutements d’ici fin 2027.
