GALLIUM DEFENSE lève 7,1 millions d’euros pour faire baisser le coût de la détection des drones
GALLIUM DEFENSE annonce une levée de 7,1 millions d’euros pour industrialiser le GDS-10, un radar de détection des drones destiné aux infrastructures critiques et aux forces armées. La startup parisienne mise sur des composants du commerce et le calcul embarqué pour réduire les coûts. Elle prévoit d’ouvrir les commandes au premier trimestre 2027, après ses premiers essais en extérieur.
« Comment répondre à 80 % du besoin pour 20 % du prix ? » Cette question, posée par ERIC FOURNIER, cofondateur et CEO de GALLIUM DEFENSE, résume le pari de l’entreprise : réduire suffisamment le coût des radars pour permettre leur déploiement en nombre. Pour un opérateur d’infrastructures critiques comme pour une armée, le budget consacré à chaque équipement conditionne l’étendue de la surveillance. Un radar moins coûteux pourrait ainsi protéger davantage de sites ou multiplier les points de détection.
Des composants du commerce et du logiciel
La société mise sur une utilisation importante de composants disponibles dans le commerce, associés à du calcul embarqué et à une architecture largement pilotée par logiciel. L’objectif est de bénéficier de composants produits en volume, tout en adaptant leur assemblage et leur traitement des données aux besoins de la détection.
« Notre réponse : une architecture radar AESA radicalement repensée, faisant massivement appel aux composants du commerce et à la puissance du calcul embarqué », explique ERIC FOURNIER.
Le GDS-10 est un radar à antenne active, dit AESA, dont l’orientation du faisceau s’effectue électroniquement. Il doit repérer des objets et suivre leurs déplacements, tandis que les traitements logiciels servent à exploiter les signaux reçus et à classifier les cibles. Deux versions sont prévues, l’une pour les opérateurs d’infrastructures critiques, l’autre pour les forces armées, sur une base technologique commune.
Selon le communiqué, le radar vise une portée de 10 kilomètres sur des drones de classe I et FPV, pilotés en immersion, avec une couverture de 360° en azimut et 90° en élévation. Il doit suivre plusieurs drones simultanément, y compris au sein d’un essaim. Ces caractéristiques sont déclarées par l’entreprise, et le communiqué ne fournit pas de rapport d’essais détaillant les conditions de mesure, la probabilité de détection ou le taux de fausses alertes. Le rapport « 80 % du besoin pour 20 % du prix » reste donc, à ce stade, un objectif de conception.
Un marché où le radar spécialisé existe déjà
GALLIUM DEFENSE entre sur un marché qui compte plusieurs fournisseurs européens. Le néerlandais ROBIN RADAR SYSTEMS commercialise IRIS, un radar spécialisé dans la détection et la classification des drones. Le danois WEIBEL propose, avec sa gamme XENTA, des radars à antenne active destinés notamment à la surveillance de petites cibles et à la protection d’infrastructures.
Une équipe issue de la défense et du conseil
Créée à Paris en avril 2026, l’entreprise réunit trois cofondateurs. ERIC FOURNIER a passé dix-sept ans à conseiller des acteurs de la défense et de l’aéronautique chez BOSTON CONSULTING GROUP. FLORIAN LEMOINE, directeur technique, est passé par l’OTAN, BCG et la Direction générale de l’armement. ROBIN MANDEL, directeur des opérations, a travaillé notamment chez THALES, BCG et SAFRAN. GALLIUM DEFENSE indique avoir associé dès l’origine des partenaires spécialisés dans la conception et le prototypage de systèmes radar, issus de la « Microwave Valley » française.
« Nos radars sont conçus pour être fabriqués & déployés par centaines, pas par unités », affirme ROBIN MANDEL. Cette ambition oriente l’usage des fonds : industrialiser les premiers produits, renforcer l’équipe, entraîner les modèles d’IA et organiser des démonstrations auprès de clients civils et militaires.
Annoncée le 2 novembre 2026, la levée correspond à un tour d’amorçage clôturé en juin. Elle est menée par KEEN VENTURE PARTNERS et 360 CAPITAL, avec la participation d’OMNES CAPITAL et POLYTECHNIQUE VENTURES. KEEN VENTURE PARTNERS indique vouloir mobiliser son réseau auprès des ministères de la Défense européens et des industriels pour accompagner l’adoption des technologies de ses participations. Les premières commandes du GDS-10 sont attendues au premier trimestre 2027.
